
Plus de 40 ans après sa fondation, les travaux des académiciens se sont accumulés. Il est temps pour l’Académie d’apprendre à garder la mémoire. Ses mémoires et ses archives sont aujourd’hui un des fonds documentaires les plus riches sur l’Histoire de la Bourgogne.
En 1769, parut le premier tome des Mémoires de l’Académie ; il y avait alors plus de 40 années qu’elle avait été fondée, presque 30 années qu’elle avait été confirmée. Cependant, lisons-nous dans la préface, c’est en 1761 seulement « que les portefeuilles de l’Académie se sont successivement remplis et que les registres tenus par un secrétaire académicien [Hugues Maret] ont conservé des notices fidèles de ce qui a été dit ou fait d’intéressant dans les différentes séances » – nous voyons que notre souci des archives était déjà celui de nos premiers prédécesseurs. Une note signale que l’Académie royale des sciences de Paris n’a pas réussi mieux : fondée en 1666, son premier volume parut en 1701.
Après une « Histoire de l’Académie », l’ouvrage comporte d’abord des informations brèves, sous le titre générique « Histoire », entendons « Actualités », classées en trois parties : Physique et histoire naturelle (« Histoire d’un météore igné observé […] dans la nuit eu 11 au 12 novembre 1762 » par M. Michault, « Cause physique du déluge », par M. Legouz de Gerland, …), Belles lettres et beaux arts (« Héroïsme des femmes,», anonyme, « Origine du respect que dans l’Antiquité la plus reculée on a eu pour les cornes », par M. Legouz, …), et Médecine (« Usage des énervations des muscles droits du bas-ventre », par M. Chardenon, « Cataracte radiée », par M. Hoin, « Aiguille trouvée dans le cœur d’une brebis » par M. Maret, …). Viennent ensuite des éloges de M. Fromageot et de M. le Marquis d’Anlezy. Enfin, les Mémoires proprement dits, série de dissertations et d’observations : sur la grêle par M. Barberet, le siège de Dijon par M. de Ruffey, l’abdication, la mort et les funérailles de Sylla par M. de Brosses, les fièvres épidémiques par M. Maret, l’esprit académique par M gr Poncet de La Rivière, l’opération de la taille par M. Hoin, les phénomènes de l’air dans la combustion par M. de Morveau, … , avec quelques vers en sus : à M. le Marquis du Terrail sur le lot considérable qu’il a gagné à la loterie de la Compagnie des Indes et une Fable allégorique à Son Altesse sérénissime le Prince de condé par M. de Ruffey, … Planches dépliantes, liste académique, table des matières (nous dirions index), CL-388 p.
En 1774, le tome second fut publié, avec un frontispice dessiné par François Devosge et gravé par Louis Monnier. La distribution est la même, pour les mémoires, un « Essai sur l’histoire naturelle » par M. Legouz de Gerland, la « Description d’un hermaphrodite » par M. Maret, une « Dissertation sur le nom et l’ancienneté de la ville de Dijon » par l’Abbé Boullemier, le « Mémoire sur la sonnette à enfoncer les piloris » par M. Gauthey, deux articles « sur la bonne chère des anciens » par M. le Marquis de Thyard, le « Mémoire sur la peine de mort » par M. Gueneau de Montbeillard, et l’Essai de géographie étymologique sur les noms donnés aux peuples scythes anciens et modernes » par M. le Président de Brosses.
De Nouveaux mémoires se succédèrent jusqu’en 1786, pour les travaux de 1782 à 1785. La suppression des compagnies savantes, « inutiles », décrétée par la Convention sur la proposition de l’Abbé Grégoire le 8 août 1793 interrompit les activités académiques…